Entre ambition personnelle et réalisme économique, Christophe Winkelmuller démontre qu’innover aujourd’hui, c’est savoir transformer une intuition en produit concret et réaliste, sans perdre l’essence même du rêve qui l’a fait naître.
OpenLab Insight : Quel était votre projet initial ?
Christophe Winkelmuller : C’est clairement un rêve d’enfant. Je voulais créer une voiture sportive, presque futuriste. J’avais même l’ambition qu’elle vole, quand j’étais plus jeune ! Mais à un moment, il faut confronter ce rêve à la réalité. Très vite, j’ai compris que je ne pourrais pas arriver sur un marché saturé avec un produit classique. Il fallait proposer autre chose, quelque chose de simple, accessible, différent. L’Ipop est née de cette réflexion.
Vous parlez d’un produit « différent ». Où se situe l’innovation ?
Elle est à plusieurs niveaux. D’abord dans le positionnement : un véhicule accessible dès 14 ou 16 ans, électrique, simple d’usage. Ensuite dans la conception : léger, démontable, réparable, transformable. Et enfin dans l’expérience : un design atypique, presque ludique, qui casse les codes de l’automobile traditionnelle. Avec l’Ipop, on peut conduire à 45 ou 90 km/h selon le modèle, pour un prix débutant à 11.000 euros.
Lancer un nouveau véhicule reste un défi industriel majeur. Quels ont été les leviers pour rendre ce projet viable ?
Je me suis appuyé sur des partenaires solides : la plateforme de la marque Kilow, un assembleur reconnu (Dangel), et surtout un réseau de distribution via des centaines d’agences automobilières. On a une base de 300.000 clients pour lancer le produit, c’est un atout considérable. Côté financement, l’investissement a été important. Au total, 500.000 euros ont été mobilisés rien que pour le prototype !
Comment éviter que ce type de projet reste un rêve personnel, sans débouché réel ?
Il faut sortir de l’ego. Une innovation ne doit pas être pensée pour soi, mais pour des usages. Je me suis posé une question simple : qu’est-ce que les gens attendent aujourd’hui ? Ils ne veulent pas forcément une voiture de plus, mais une expérience différente. L’Ipop n’est pas une voiture classique, c’est un objet plaisir, une solution de mobilité complémentaire.
Peut-on dire que l’Ipop s’inscrit dans une nouvelle manière d’innover dans l’industrie automobile ?
Oui, parce qu’on n’est plus dans une logique de volume ou de standardisation. On est dans une logique d’usage, de plaisir, de différenciation. Les clients ne cherchent pas forcément un besoin primaire, mais une expérience. C’est là que se situe l’opportunité aujourd’hui.
Mon objectif à long terme est de produire, par an, 1.500 véhicules différents, simples, démontables, réparables, nettoyables, transformables… L’objectif, c’est de prouver qu’un projet né d’un rêve peut devenir une réalité industrielle.
Si l’entrepreneur a présenté pour la première fois son innovation au printemps 2026 au Musée de l’automobile de Mulhouse, l’Ipop commencera à être livrée à ses utilisateurs dès le début de l’année 2027.
Pour en savoir plus : ipopautomobiles.com