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L’industrie 6.0 s’écrit et s’apprend aujourd’hui

À Mulhouse, deux écoles spécialisées dans le numérique ont choisi de rapprocher formation et monde économique pour préparer les talents de demain. Face à l’intelligence artificielle, 42 Mulhouse et Epitech défendent une même conviction : il ne faut pas subir l’IA, mais apprendre à la maîtriser, avec l’appui des entreprises du territoire.

L’industrie 6.0 s’écrit et s’apprend aujourd’hui

Pour innover demain, il faut préparer les jeunes générations aux industries du futur. Deux écoles supérieures, toutes deux installées au KMØ, ont fait un choix stratégique : rapprocher la formation du monde économique. 42 Mulhouse et Epitech ne préparent pas seulement des développeurs ou des ingénieurs informatiques. Ces structures cherchent à former les futurs acteurs capables de comprendre, d’utiliser et de piloter les mutations technologiques en cours.

« L’humain décide, conçoit et pilote »

Cinq ans après son implantation, 42 Mulhouse a déjà accueilli 500 étudiants pour un taux de réussite au certificat de plus de 65% et une très bonne employabilité. Le modèle de 42 Mulhouse et d’Epitech repose sur une approche différente de l’enseignement traditionnel : pas de cours magistraux, une pédagogie par projets, une sélection basée sur la motivation et la capacité à apprendre en autonomie. Un modèle particulièrement adapté à un monde où les métiers évoluent rapidement… « et se féminisent », souligne justement Caroline Porot, directrice de 42 Mulhouse.

Même constat du côté d’Epitech. Pour Fabien Vogelweith, directeur du campus mulhousien installé à KMØ depuis 2020, la question n’est pas de savoir si l’intelligence artificielle va transformer les métiers, mais comment les générations futures vont s’y préparer. « Est-ce que le développement informatique va disparaître ? Non ! C’est juste un métier qui se transforme. Ce qui se passe dans l’informatique s’est passé dans l’industrie avec l’arrivée des premières machines », constate Fabien Vogelweith. « Il faut être maître de l’IA. Là où l’IA assiste, l’humain décide, conçoit et pilote. C’est aussi pour cette raison qu’à Epitech on a besoin de profils passionnés par l’informatique. C’est 80% de notre formation ! »

Un modèle économique fragile

Mais derrière l’innovation pédagogique se pose aussi une question économique : celle du financement. « On fonctionne avec un mix de mécénat, d’alternance et de financements publics et actuellement c’est tendu. Les arbitrages budgétaires récents n’ont pas été favorables à la formation professionnelle et le nombre de contrats d’alternance est en baisse. Quant au mécénat, il n’est pas suffisamment dynamique comparé à d’autres territoires où sont implantés des campus 42 comme Lyon, Perpignan ou Le Havre », indique Caroline Porot. « Mais nous développons d’autres sources de financement comme les formations aux entreprises en IA générative, qui fonctionnent très bien ».

"retrouver une dynamique collective autour de l'attractivité"

Au-delà du numérique, la directrice pointe un enjeu plus large pour le territoire : retrouver une dynamique collective autour de l’attractivité. Longtemps associée à l’industrie traditionnelle, Mulhouse veut aujourd’hui afficher une image plus technologique et donc, attirer davantage de profils liés à cette économie du futur.

Créer avec les entreprises pour être plus forts ensemble

« Quand on a ouvert en 2020, Mulhouse portait encore son étiquette de ville industrielle. Mais cela a bien changé, on voit que l’industrie s’est modernisée, innove… et joue le jeu de collaborer avec nos étudiants », témoigne Fabien Vogelweith. Cette proximité avec les entreprises est au cœur du modèle. Le but étant de faire travailler les étudiants sur des problématiques concrètes, créer des connexions avec les employeurs et retenir les talents sur le territoire. Même la proximité avec la Suisse, souvent perçue comme une menace en raison des niveaux de rémunération, peut devenir un moteur. Le directeur d’Epitech est confiant : « Bien sûr, il y a une concurrence salariale forte avec la Suisse. Mais ça stimule les entreprises alsaciennes qui doivent innover ».

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